Progressivité

by dave
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Productivité, performance, sont deux mots caractéristiques du vieux monde. Ou pour le dire, respectueusement, de façon adéquate, celui du monde qui a atteint sa date de péremption, et qui malgré cela est toujours consommé (avec beaucoup de force, désir, plaisir, puissance, entre autres) – d’où sans doute toutes les maladies contemporaines dont souffrent nos sociétés communautés tribus clans indi-vi(e)-dualités (etc.) dites (post)modernes.

« Progressivité » est le mot (commun) caractéristique du nouveau monde. Ou pour l’exprimer, de manière juste, celui qui apporte une certaine fraicheur, une vision rafraichissante de l’humanité (étendue au non-humain ou l’incluant nécessairement) avec un impératif « back to basics » (comme un retour salutaire au bon sens même), et ce mot se veut non pas une injonction à (l’)être et (à) au faire – libéré ou libre des fers – mais une proposition.

Proposition d’être et de faire inscrite dans une désirabilité d’avenir. Un besoin d’à-venir. Si jamais il puisse se comprendre que désirabilité et besoin sont complémentaires, se nourrissent, se soutiennent, s’enrichissent, mutuellement, ainsi ne sauraient toujours se saisir comme deux sources de motivation (simultanément de projection) opposées ou en apartheid. La progressivité est en ce sens, d’abord, cette idée unificatrice ré-conciliatrice du désir et du besoin, cette volonté de faire rencontrer harmonieusement ce qui de nature particulière ne semble pas aller ensemble. Ensuite, la progressivité s’entend, se pense, se vit, comme le « better » qui lui – en reprenant mon très cher Maître sir We (que je remercie d’ailleurs pour l’éclair ou l’étincelle) – (encore une fois) ne signifie pas « something new » mais « something fresh ». En tenant compte du fait qu’il n’y a rien de « new » sous le soleil, sagesse universelle et intemporelle, quitte à le répéter ad nauseam – en ces temps de profusion et d’inflation voire de saturation de « nouveautés » en tout genre, il s’agit de chercher et de trouver ce(s) regard(s) rafraichissant(s) sur l’étant / l’existant.

Pourquoi ? Parce qu’il semble nécessaire de donner une autre existence à l’étant / l’existant qui comme ils sont aujourd’hui ne correspondent plus ou pas au désir et au besoin du « better ». Cette aspiration au « mieux ». Mieux-être. Mieux-faire. Mieux = amélioration (continue). Comment (y parvenir) ? Le présent propos (assez succinct), ainsi que d’autres qui suivront durant cet hiver, se veut humblement une (modeste) contribution à la conversation actuelle. Une proposition, et rien d’autre. Rien d’autre du tout.

La progressivité, ici, n’est pas entendue comme le caractère progressif (de quelque chose, d’un être, d’un étant), encore moins dans son sens de fiscalité (impôt, taxes, etc.). Elle n’est pas synonyme de proportionnalité ou de représentativité. Elle est en dehors du progressisme et de toutes ses étiquettes, étrangère aux (auto)proclamations progressistes / reformateur-istes (valeurs, idéaux). La progressivité comme je l’entends ici n’est pas pensée comme antonyme à la dégressivité, la fixité. Elle se place hors de toute conflictualité (mots, idées, visions, sens et significations, etc.). Il n’est pas question de dynamique ou de dynamisme, en revanche il est question de vitalité (énergie, santé, extension, durabilité = composantes / propriétés propres du vivant). La question que je me pose est simple : comment ?

Si la productivité peut se définir (très élémentairement) comme le caractère productif de quelque chose (d’un étant / existant) donc en termes de résultat et de rapport, la progressivité ici s’en nuance par l’accent mis (ou l’attention portée) sur l’être et le faire – conjointement. Autrement dit, le regard posé n’est pas sur le résultat, mais sur le vivant (ce qui – d’une façon comme d’une autre – est vie, quel que soit son état). Si la performance peut être saisie (très intelligiblement) comme une action évaluée (car qui dit résultat, accomplissement, manifestation, expression, exécution, etc., parle d’évaluation d’un étant), la progressivité ici s’en nuance par l’accent mis (ou attention portée) sur l’action en elle-même (en exclusion de toute évaluation). Il est possible de trouver qu’il s’agisse là de quelque masturbation gymnastique sémantique – tel que l’on peut en lire un peu (beaucoup / trop) partout d’ailleurs (et pas que ces derniers temps), le propos vise (intentionnalité) à laisser entendre / comprendre que ce mot « progressivité », dans le cadre socio-politique / du vivre(ensemble) notamment, est avant tout celui d’une vision du vivant incluant en soi une éthique de l’être et ses principes. Cette incorporation éthique et de principes (dans ce mot) fait en sorte que les approches de résultat et de rapport (productivité) et d’action évaluée (performance) n’ont aucun sens, sont obsolètes, quelque peu dérisoires. En un mot : périmées.

Dans ce mot « progressivité », on est (ce qui sous-entend en même temps un fait et un faire). On est une proposition d’être et on fait une proposition d’être. On est un partage d’être et on est de partage. Dans sa proposition d’être, on est pertinence et on est de pertinence (indifféremment de toute considération). Dans sa proposition d’être, on est perspective(s) et de (mise en) perspective(s). Ce qui est « progressivité » est accueil (bienveillant), écoute (réelle ou véritable), vu (ou visibilisation) de telles propositions. Ce qui est « progressivité » est conversation(s) (respectueuses) des différentes propositions d’être (inscrites dans une communauté d’égaux ou d’égos dignité).

En pratique, « progressivité », dans la quotidienneté : on ne travaille pas, on s’émancipe et s’épanouit comme être (individuellement et collectivement).  On n’est pas politique, on est soin du lien. On n’est pas dans le marketing (de soi ou commerce de soi), on propose (un soi – non pas à une clientèle ou un public-client mais à ce semblable autre que soi). On ne se vend pas ou on ne vend pas soi, on propose soi (essentiellement comme singularité dans une relation non-marchande mais principalement de reconnaissance). On n’est pas profit, on est (en tant que soi substantiellement) richesse. On n’est pas gain, on est apport (d’une façon comme d’autre autre). On n’est pas tolérance, on est respect. On n’est pas collaboration, on est co-opération. On n’est pas bruit, on est son(orité). On n’est pas couleur(s), on est sens(ation.s). On n’est pas (dé)goût(s), on est saveur(s). On n’est pas odeur(s), on est parfum(s). On n’est pas artiste, on est artisan.e (merci Maître Od.e pour le voyage en reliure, et merci par avance à Maître G pour celui prochain en sculpture). On n’est pas coût, on est bénéfique. On n’est pas vivacité(s), on est moment(s) avec rythme.s ou tempo.s et tous les instants qui le / les composent. On n’est pas brillance, on est authentique (c’est-à-dire de sa vérité ou des vérités de son soi, avec ses exactitudes évolutives, de sincérité profonde, d’intégrité). Etc. Etc. Etc.

Le « better » comme leitmotiv de ces temps « rafraichissants » se résume en une lettre : P (ou ses équivalences en d’autres langues). Progressivité : proposer, partager, pertinence, perspective(s), pérennité, personne, pluriel ou pluralité, profond ou profondeur, principe(s), passion, paix ou pacification (mission de chacun.e de nous en tant qu’ambassadeur et ambassadrice définit ici comme porteur / porteuse de feu – si l’on accepte d’assumer cette fonction), participation, protection, etc. P, positif. P = positif. Et même comme résultat d’un test (médical), car ce diagnostic met fin à l’ignorance, et mettre fin à l’ignorance = envisager éventuellement le remède, le traitement, la guérison (dans le cas d’une issue fatale, permettre en toute dignité l’accompagnement ou la préparation face à l’inéluctable, la préparation du ou au deuil / à ou de la fin / au ou du départ / au ou du voyage) (Merci Maître Mo.o.n.ique pour le voyage-partage en / au processus de deuil).

P = positif = progrès (subtil) = extension des espaces du possible (ou en le formulant autrement observation-constatation de la réalité extensive des espaces rationnels et des espaces de l’imaginaire) = développement de l’humanité = mieux. Le mieux comme « Progressance » : connaissance (le savoir en pratique ou le savoir découlant de la pratique – en m’inspirant de la Lady Est.Her rencontrée il y a quelques mois près de la bien nommée montréalaise station beaubien) + substance (au-delà de sur.abondance). Substance, à la fois comme ce qui existe d’une chose et nourriture de l’esprit et des sentiments, entre l’essentiel et la matière avec ses propriétés particulières. « Progressance » ou la ré-conciliation de la matérialité et de l’immatérialité, de l’esprit et du corps.

Ce P se manifeste et se décline en tout : visuel, sonorité, cognitif, émotionnel, relationnel, etc.

Pour finir, dans ce mot « progressivité », le chez soi n’est pas une localité (que ce soit en termes d’échelle et d’espace, ou de liens et de relations), encore moins une identité-refuge, mais dans des valeurs. En l’occurrence, des valeurs humaines (de dignité humaine = respect, bienveillance, solidarité, communauté, etc.). En fin de compte, en réalité, le chez soi – ainsi envisagé – est un chez nous. Et il est par tout, partout.

by dave
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