Le Désert

« Première vraie manifestation de l’orientalisme musical français au 19e siècle, Le Désert est créé à Paris en décembre 1844. Encensée notamment par Hector Berlioz, l’œuvre connaît alors un immense succès dans les capitales européennes et traverse même l’Atlantique pour être jouée à New York dès 1846.

Cette gloire soudaine est toutefois lourde de conséquences pour la carrière de Félicien David : la suite de sa production sera toujours évaluée à l’éclatante lumière de son Désert. Les critiques seront dures et on en viendra plus tard à lui reprocher d’être « descendu de son chameau ». Est-ce ce qui explique l’oubli dans lequel tombera sa musique, emportant même son chef-d’œuvre, au début du XXe siècle?

Vaste partition de près de 50 minutes, cette « ode-symphonie », comme l’a désignée son auteur, est le fruit des voyages en Égypte et en Algérie que le jeune Félicien David entreprend en 1832. Revenu en France en 1835, il souhaite désormais chanter l’Orient et se tailler une place de compositeur à Paris.

Œuvre contemplative et lumineuse, emplie de couleurs et de parfums, Le Désert offre une vision sans doute un peu édulcorée, voire naïve de ces contrées lointaines. Mais le charme irrésistible de cette musique l’emporte et réussit à évoquer, dans une langue simple mais efficace, l’immensité et le calme du désert, sa mélancolie, ses caravanes et ses tempêtes. »

Frédéric Trudel.

 

« […] le charme de la troublante Rêverie du soir, pendant que, sous son Hymne à la nuit, l’accompagnement orchestral annonce certaines Nuits d’ivresse et d’extase infinies berlioziennes. »

Jean-Luc Clairet.

 

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« Le chef-d’oeuvre novateur de Félicien David, l’Ode-symphonie « Le Désert » dont toutes les histoires de la musique parlent mais que l’on n’entend jamais, sort de l’oubli. Grâce à Laurence Equilbey et ses merveilleux musiciens, nous tenons enfin la version de référence.

Les censeurs auront beau jeu de dénoncer les faiblesses de cette oeuvre hybride : l’écriture reste souvent sommaire, l’Orient est bien édulcoré et la forme de l’oeuvre reste indécise. Mais rien de tout cela ne pèse sérieusement face au charme que dégage ce Désert bien peu aride.

La simplicité même de la mélodie est voulue, en reflet exact de la nudité du sujet, et tout  » fonctionne  » à l’avenant, Félicien David étant parvenu à retranscrire très précisément les émotions de son long voyage dans les contrées d’Afrique du Nord.

Hector Berlioz chérissait ce Désert au point de le diriger lui-même à de nombreuses reprises et d’en dire grand bien dans ses écrits :  » Si nous étions un peuple artiste, si nous adorions le beau, si nous savions honorer l’intelligence et le génie, si ce Panthéon existait à Paris, nous l’eussions vu, dimanche dernier, illuminé jusqu’au faîte, car un grand compositeur venait d’apparaître, car un chef d’oeuvre venait d’être dévoilé.

Le compositeur se nomme Félicien David ; le chef-d’oeuvre a pour titre Le Désert, ode-symphonie !… « . Cette bénédiction en dit long sur les trésors qu’il y a à découvrir ici, de  » L’hymne à la nuit  » au  » Chant du muezzin « , en passant par l’inévitable  » Tempête « . Tout est coloré, lumineux, nettement dessiné. »

Dominique Joucken.

 

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