A.R.T. – Arythmies Rimbaldiennes du Tourment

Le rire édenté, cri du bonheur des Sans-dents, laisse échapper l’haleine fétide du peuple de l’abîme, indispose les rois les princes les aristocrates les dents-en-or, parfum putride des entrailles dans les palais versaillesiens, le soleil a une odeur asphyxiante de misère, que les rois les princes les aristocrates les dents-en-or crèvent sous le soleil.

Œuvre d’art, le tableau surréaliste du réel, peinture réelle du surréalisme, le rire édenté dans les palais ensoleillés des princes-soleil a l’effet d’une explosion nucléaire, le champignon incendiaire rase tout et s’élève jusqu’aux cieux pour brûler dieu et tous ses dieux. L’olympe, champ de ruines, les versailles cimetières, rome calcinée, le rire édenté s’entend d’un bout à l’autre de l’apocalypse. Le grand soir est un champignon nucléaire, un feu de joie, cri du bonheur des Sans-dents.

Je prends la plume, lance guerrière, je l’enfonce dans la plaie ouverte des rois des princes des aristocrates des dents-en-or au rythme de The death of Klinghoffer : Chorus of the exiled palestinians d’Adams John. La plume ensanglantée calligraphie sur le papyrus des colères les injustices et les indécences, la forme Apollinaire du texte est un rire édenté. Les rois les princes les aristocrates les dents-en-or ne la trouvent pas drôle, normal c’est l’humour des abysses.

Le tableau surréaliste du réel, des cadavres sans âmes, des âmes sans corps, des corps sans esprit, des têtes détachées du corps, des corps avec des têtes tranchées, des têtes décapitées se mouvant dans la poussière comme la vermine, de la vermine dans le pain lancé au peuple de Sans-dents, des Sans-dents au rire de bonheur face à ce spectacle d’un hideux divertissant que sont les jeux des princes des aristocrates des dents-en-or, des jeux de l’horreur de cette obscénité qui voit les têtes des esclaves tombées pour que jouisse la plèbe, la plèbe sans-dents dévore son pain de vermines, et la vermine coince dans l’œsophage, et la plèbe crève.

Œuvre d’art, le peintre irréel du réel d’un surréalisme presque science-fictionnel badigeonne la toile avec les meilleurs couleurs de l’excrément. L’excrément des rois des princes des aristocrates des dents-en-or, celui qui rend si bien la vérité du sujet. L’excrément des Sans-dents, celui qui rend – sfumato sublime – l’ensemble d’un vaporeux enfumant. Les critiques se pressent pour admirer le génie, l’opinion est unanime il y a du fauve dans cette œuvre. Jamais des excréments n’auront de l’histoire des excréments étaient pris pour des fauves. Proprement, surréaliste.

Je prends la plume, plug anal, je l’enfonce dans l’orifice dilaté des rois des princes des aristocrates des dents-en-or au rythme du chœur de L’entrée du désert du faussement aride Félicien David. Air du ténor et chœur, La rêverie du soir est une sodomie en douceur, les rois les princes les aristocrates les dents-en-or grimpent jusqu’à l’olympe. Le septième ciel. Et je lâche mon rire édenté, le champignon nucléaire transforme ce ciel en un champ de ruines. Le tableau surréaliste est cendré. Magnifique. Le chant du muezzin dans ce désert Félicien accompagne le grand soir dont la brise a cette haleine fétide du peuple de l’abîme.

 

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