Miaou(s)

Bande sonore : Flamme – Slaï.

Un de mes chats, caramel (de son nom au goût de sucre fondu et roussi par son regard à la fois d’un incendiaire attendrissant et félin, pour dire si flamme comme la chanson de slaï), a fait la rencontre d’une chatte. Il lui a fait « miaou » et s’est frotté contre elle, c’est comme ça quand un chat aime une chatte. Un chat dit je t’aime en frottant son corps contre un autre, corps-à-corps rythmé par un miaulement dont on ne sait jamais avec certitude s’il témoigne d’une affection ou s’il demande une affection. On n’en sait trop rien, le miaou entre te quiero mucho qui a pour sous-titre me gusta tu et do you love me et tout ça – d’un autre point de vue – peut simplement n’être qu’un i want to fuck you d’une si grande tendresse gainsbarre. Bref, on n’en sait trop rien. Faut voir.

Caramel est un coureur de chattes, contrairement à l’autre de mes chats – grigri – beaucoup plus spirituel dans son sens le plus vaudou ou magique (pour ma fille il est bonnement son talisman). Grigri passe ses journées, surtout ses nuits, à faire mille expériences tel un ermite-anachorète-marabout trismégiste en quête de quelque chose de l’ordre du mystico-philosophique, je ne sais jamais vraiment trop quoi. Entre thot, hermès, imhotep, et autres trucs du genre, grigri est dans une dimension qui n’est pas la préoccupation première de son compagnon-frère caramel. Ce dernier n’en a clairement rien à branler des délires de grigri, ce qui l’intéresse c’est l’étude approfondie des chattes et cet empirisme corps-à-corps de l’amour-miaou semble être pour lui une véritable passion bien plus qu’une mission. Grigri n’est pas un passionné, il s’est donné une mission ou est convaincu d’avoir sur cette terre de chats et de chattes une mission à remplir : d’où sa quête, presque digne de celle de la pierre philosophale. Caramel, lui, tout le délire de griri est clairement un « pfffff » d’insignifiance ou de sans-intérêt / d’importance; pour lui, le plus essentiel est ailleurs : près des chattes. Je ne sais pas quelle vérité, au-delà (de celle) des chattes, le fait tant courir, après quoi courre-t-il au fond ; je crois que grigri quelques fois, souvent, se pose la même question, je le vois bien quand il le toise en l’observant faire son miaou auprès de ces dames.

Grigri et caramel vivent sous le même toit, chacun est à son affaire, tout en prenant le temps une ou deux fois en journée de converser et de jouer ensemble, tout en partageant le même bol de nourriture, le même bol d’eau, la même litière, sans jamais se livrer la guerre. Je les examine la plupart du temps de loin, et je me questionne très régulièrement sur eux. De loin, parce que les deux ne m’aiment pas beaucoup, ou je dirais pour être plus précis ils me craignent comme la peste. Je ne suis pas toujours un tendre pour eux (intransigeant dans son sens le plus brutal, excessivement d’une grande sévérité sur certaines questions attitudinales notamment) – contrairement à ma fille qui les chouchoute et leur pardonne tout, mais aussi du fait de mon physique semblable à une putain d’armoire à glace ou un imposant (trop grassouillet) joueur de football étatsunien. Dès qu’ils me voient, ils détalent généralement, et lorsqu’ils ne le font pas c’est parce que qu’ils m’ont entendu rire ou vu m’amuser avec ma fille, là ils s’approchent et me passent des p’tites vites du genre : « pourrais-tu nous donner plus de bouffe stp et oublier que le vétérinaire t’as dit que nous frisions l’obésité morbide? », « pourrais-tu nous caresser le poil et nous masser le corps stp? », « pourrais-tu nous pardonner d’avoir bouffer ton plat de rognons, d’abats, qui traînait à la cuisine ? », « pourrais-tu pardonner et oublier que nous avons pissé sur le tapis de ton bureau ? », « pourrais-tu stp faire semblant de ne pas avoir vu notre caca sur ton lit, nous croyions chier seulement dans nos rêves, nous ne savions pas que nous le faisions pour vrai ? », etc. Etc. Etc. Dans ces moments-là, je pousse de longs soupirs et je m’exécute, pour eux je ne suis plus une terreur je deviens un gros calinours et bisounours, et ma fille est aux anges. Je l’avoue, être un tendre dans ce monde de brutes et brutal, me fait le plus grand bien, c’est comme un sas de respiration. Caramel et grigri sont pour une fois d’accord.

Grigri et caramel partagent au moins une chose en commun : les deux ont été des chatons itinérants, des chatons sans domicile fixe, des chatons abandonnés ou perdus, je n’ai jamais su. Les deux ont cogné à ma porte un soir d’hiver, grigri un ou deux ans avant caramel. Chétifs, amaigris, squelettiques, apeurés et terrifiés voire traumatisés, crevant de faim et de froid, ils ont cogné à une porte comme un s.o.s d’appel au secours et c’était la mienne. J’ai ouvert et je les ai vus, ils sont rentrés et ne sont jamais plus repartis. Je les ai adoptés, ils sont des membres de la famille.

Pour grigri, je ne savais pas trop quoi en faire, j’ai pensé à un refuge pour animaux refuge pour animaux mais ils étaient tous pleins, d’autres sans les moyens (les subventions publiques) d’en prendre davantage malgré toute leur envie. J’ai passé des annonces pour qu’il retrouve son domicile, personne ne s’est manifestée. Il ne me restait qu’une double option : soit de l’euthanasier (afin d’abréger ses souffrances) soit au cours d’une nuit noire de l’abandonner dans une ruelle déserte. J’ai préféré une autre option : le garder, même si je n’en avais ni les moyens (financiers) ni (vraiment) l’envie, sans parler du temps de m’en occuper réellement.

J’ai pensé à ma mère et ma grand-mère qui n’avaient jamais fermé la porte à qui que ce soit, n’avaient jamais mis quiconque dehors ou laissé personne à la porte, avaient tant accueilli chez elles et élevé des enfants qui n’étaient pas de leur sang (ou de leur rang) sans jamais les considérer comme pas des leurs, et comme elles le disaient : c’est notre responsabilité, notre devoir. J’ignore de quoi était le nom d’une telle responsabilité ou d’un tel devoir : peut-être entre humanité comme famille et fraternité universelle, entre hospitalité et solidarité humaines, entre convictions et tradition, entre don et sacrifice, ou comme denzel l’a dit à son fils dans cette puissante scène du film fences qu’il ne s’agissait pas d’amour mais de responsabilité et de devoir envers l’Autre et de son droit d’être traité avec dignité.

Peut-être rien de tout ça en fait. Je n’en sais trop rien. Elles ont fait ce qu’elles ont fait, parce que c’était juste ou sans cette considération du juste, elles l’ont fait, un peu peut-être dans l’idée du fameux « just do it » – on verra bien et on fera avec.

Ce sont elles qui m’ont fait garder grigri, pour le grand bonheur de ma fille. Avec caramel, cela s’est passé de la même manière, mais avoir deux chats pour moi quand l’on est sans (grands) moyens financiers à même de supporter cette charge, lorsque l’on survit bien plus que l’on ne vit vraiment, n’est pas une décision évidente à prendre ; et encore une fois avec caramel comme avec grigri j’ai pensé à ma mère et ma grand-mère : je l’ai gardé, ma fille en a été plus qu’heureuse.

Elle a choisi le nom de « caramel », après « grigri » son talisman adoré, lorsque je lui ai demandée pour quelle raison – le pourquoi de ce choix de nom, elle a simplement haussé les épaules, la princesse et la future reine l’avait décidé ainsi et je me devais de ratifier sa décision. Des mois plus tard, je crois avoir peut-être compris la raison de ce choix, elle avait vu quelque chose chez ce chaton qui m’échappait, et elle a eu raison.

Grigri n’est pas caramel, ce dernier ne ressemble pas au premier, de la même espèce mais différents. Caramel est un sauvage d’un type mâle alpha, grigri est un gentleman comme seul le collège d’eton pourrait en produire. Caramel manque souvent de respect à son aîné grigri et ce dernier lui rappelle son obligation de respect par un bon coup de patte sur la tronche, caramel ne riposte jamais, il comprend que le respect de l’aîné ou de l’Autre est non-négociable, le mâle alpha calme / tempère ses ardeurs.

Cela me fait quelques fois penser à mes deux aînés, chrispy et charly, qui m’ont très souvent filé des claques sur la gueule, des taloches bien appliquées, de grands et puissants coups de pieds au cul, pour de (très) bonnes raisons comme pour les (très) moins bonnes – pour dire pour du n’importe quoi, pour le plaisir de le faire et parce qu’ils avaient le pouvoir de le faire. Je les ai tellement détestés pour ça, mais je leur reconnais plusieurs choses : de m’avoir inculquer le respect inconditionnel des aînés, de s’être assurés en l’absence de ma mère qui bossait comme une dingue et qui n’était donc pas souvent là que je ne me permette pas n’importe quoi ou que je sois irrespectueux du savoir-vivre (avec ses normes prescriptives) qu’elle nous inculquait, de m’avoir appris bien avant de lire après eux Le Prince l’importance de la crainte toute machiavélienne (bien plus que de l’amour) comme le grand élément constitutif du respect d’autrui dans les relations de pouvoir (crainte qui peut aussi – sur un tout autre plan – se saisir dans une perspective durkheimienne comme celle que nous inspire la personne humaine dont la violation est de l’ordre du blasphème et du sacrilège), de m’avoir fait saisir la dureté et la brutalité des relations de pouvoir mais aussi de ce que pouvaient être des abus de pouvoir en termes d’actions et de souffrances, et tellement tant de choses. Je leur dois cet apprentissage de la vie, à la dure certes, mais nécessaire.

Comme je le dois à mon (unique) oncle (félix, cousin éloigné de ma mère, avocat aussi brillant que out of this world, et orateur redoutable : il faut le voir dans un tribunal, c’est simplement tsunamique), qui était impitoyable avec charly chrispy et moi. Oncle félix était (très très très) dur, il souriait rarement, il ne nous adressait presque jamais vraiment la parole que seulement lorsque cela était nécessaire, quand il rigolait avec nous nous avions l’impression que c’était noël, mais il tenait profondément à nous, il se souciait tout le temps de nous (discrètement, du coin de l’œil), bossant comme un forcené pour pouvoir nous offrir durant les congés scolaires – que nous passions quelques fois chez lui – tout ce qui rendrait notre enfance des plus heureuses, nous étions matériellement « pourris gâtés », nous étions ses « fistons » (comme ses trois filles sont ses enfants) et encore aujourd’hui il nous appelle « fistons » et nous « Père » ou « le Paternel » parce que c’est l’Aîné de la famille après le départ prématuré ce printemps de « Mère » – notre « Mère ». Il ne se passe pas un seul jour depuis le départ de mère sans qu’il ne prenne de nos nouvelles et s’inquiète pour nous.

Tout ça pour dire, que d’où je viens, l’indulgence d’un type ‘peace and love’ était (très très très) rare. Chrispy et charly n’ont jamais été indulgents envers moi, ils m’ont très rarement pardonné mes écarts de conduite, ils ont souvent abusé de leur position de pouvoir, et l’on ne sait jamais, gamins ou ados ou jeunes adultes, dit « Je t’aime ». La première fois que j’ai dit à un de mes frères « Je t’aime », c’était quelque temps après le départ de mère, ce printemps, j’avais trente quatre ans et des poussières et lui de la quarantaine.

Ce « Je t’aime » n’a jamais fait parti du marché comme denzel le dirait à son fils dans son adaptation ‘cinématographique’ de l’œuvre fences. Le « Je t’aime » n’assure jamais que l’Autre tout comme toi se conduise bien à son égard et à ton égard, la preuve combien de personnes violentent déshumanisent sous-humanisent chosifient ou sous-chosifient d’autres tout leur affirmant « Je t’aime » et y croient vraiment ? Je n’ai pas grandi avec des « Je t’aime », j’ai grandi avec et grâce à l’intransigeance sur des questions – de mon point de vue – essentielles : le respect, la crainte de l’Autre comme être sacré – une loi sacrée (donc inviolable), la nécessité de se faire craindre par l’Autre (car dans les relations de pouvoir l’amour – et tout le tralala d’humanisme à la « peace and love » souvent un peu hippie – est foncièrement inexistant).

La gentillesse n’a de sens que dans des relations de pouvoir où les semblables se reconnaissent comme égaux ou d’égale dignité, le cas échéant la force comme pouvoir des uns et des autres (pas toujours gentil gentil) prédomine, et la seule manière de l’évacuer ou de la neutraliser c’est la loi (comme tiers commun impératif pour faire société et vivre-ensemble) et son application juste qui renforce une éthique minimale de la vie sociale. C’est la loi qui neutralise (par prescription et sanction) l’usage excessif (abusif) de la force des uns et des autres et non la gentillesse, et lorsque la loi est inexistante dans les relations de pouvoir ce n’est pas la gentillesse qui impose le respect de l’Autre mais (la violence de) la force – seul langage (malheureusement) que comprennent instinctivement les pas-toujours-civilisé(e)s que nous sommes. Grigri en frappant d’un coup de patte caramel rappelait à ce dernier, qu’en l’absence d’une loi (partagée, tiers commun) l’obligeant (objectivement) au respect, qu’il avait tout intérêt à le craindre, donc à le respecter – c’est-à-dire à contenir ses ardeurs de mâle alpha, etc.

Caramel dit je t’aime aux chattes en frottant son corps contre le leur, corps-à-corps rythmé par un miaulement dont on ne sait jamais avec certitude s’il témoigne d’une affection ou s’il demande une affection. Pour caramel, ces chattes sont son semblable, partageant une égalité d’espèce ou une égale dignité (que sais-je, tu rayeras la mention inutile ou rectifieras selon ton propre regard sur la chose). Dans sa tête, je crois, ce n’est pas simplement une question de loi de la nature, cela doit être beaucoup plus qu’un truc de cul ou un jeu (sexuel, erotico-sexuel, érotique, bestial, animal, de séduction, etc.), je le vois bien quand, dans ce jeu, il se frotte contre elles et qu’elles en retour non seulement se frottent contre lui mais lui filent sur la bouche des bisous « tout mimi » ou « trop cute » – comme ma fille le dit souvent.

Ces moments-là, caramel et ses chattes poussent des miaous de gentillesse dont je ne sais jamais si ce sont des odes à l’amour ou des « baise-moi » qui sont ces « Je t’aime » allant droit au but et (en saluant bien bas romain gary) sans promesse(s) de l’aube. Peut-être ça ou cela ou plus encore, je n’en sais trop rien au fond. Grigri et moi nous le regardons faire, sans vraiment vouloir trop savoir ou véritablement chercher à savoir le pourquoi, le pourquoi du pourquoi de ce qui est, le pourquoi du comment, le pourquoi du pourquoi du comment, etc., on le regarde dire je t’aime à ces chattes et souvent nous nous regardons et nous finissons par nous dire : « Pas pire son affaire ».

Et ma fille – recevant une éducation entre le flower power du « il faut faire l’amour et pas la guerre » et du « Je t’aime » digne d’un mot d’ordre de révolution hippie (ou peut-être inspiré du « aimez-vous les uns les autres » tout christique), entre le « il est interdit d’interdire » de mai 68 et une raideur toute victorienne d’un savoir-vivre non-négociable, entre la force (de caractère) des reines africaines de mes racines et celles de la généalogie de sa maman, entre mon plurivers (artistique, culturel, philosophique, symbolique, etc.) et ceux des miens et de sa mère et tous ses siens, entre L’art de la guerre de sun tzu et Le Prince de machiavel – en est plus qu’heureuse. Cela se voit bien lorsqu’elle prend grigri et moi dans ses bras en lâchant tout sourire et quelques fois tout rire ce « Je t’aime mes p’tits », ce « miaou » à elle, qui ferait avoir un infarctus à chrispy, charly, felix, mère.

Bande sonore : When a man loves a woman – Michael Bolton.


« Le renoncement à la violence est la condition de la démocratie. Elle trace une ligne rouge qui distinguait citoyens et esclaves au temps de la démocratie grecque, citoyens et nègres au temps de la colonisation, citoyens et manifestants, gilets jaunes, grévistes aujourd’hui. Ceux qui croyaient être du bon côté, qui se croyaient blancs, ont fait l’expérience de leur négrification et découvert que leurs corps mutilés, agressés, tués, ne sont pas les lieux sacrés de la démocratie.

L’inviolabilité du corps du citoyen est un principe fondamental de la démocratie athénienne. L’atteinte au corps du citoyen, et plus largement l’agression ou l’usage de la violence, définit un crime de lèse-démocratie. Héritières revendiquées du régime athénien, les démocraties européennes se sont également construites sur le principe que la violence devait être transcendée par la médiatisation politique et l’application de la loi, cette dernière confiée aux forces de l’ordre, elles-mêmes responsables devant la nation et encadrées par la justice.

[…]

Depuis des décennies, dans les quartiers populaires de nos démocraties, des corps d’enfants, de jeunes adultes, de personnes âgées, ne sont pas protégés par la police mais agressés, intrusés, intimidés, brutalisés au quotidien. Comme au noir, à l’arabe, l’indigène dans les colonies africaines, asiatiques ou antillaises, la violence du policier rappelle à ces corps qu’ils sont nègres, et non pas citoyen. »

Le corps du citoyen : violence et démocratie

Par Aurélia Michel

« The Pandemic is a battlefield. Social movements in the COVID-19 lockdown

This article examines ways in which social movements have been impacted and responded in light of the COVID-19 pandemic. Between March and May 2020, lockdown measures put a halt to mass protests for democracy, and the virus spread became the only political focus and news headline. Far from disappearing, social movements have adapted to unexpected circumstances and been particularly active during this challenging period. The first section of the article provides an overview of grassroots movements initiatives to complete five roles. The second section focuses on the struggle over the meaning of the crisis. While progressive intellectuals and movements consider the COVID-19 pandemic opened opportunities to build a fairer world, they compete with reactionary, capitalist and state actors to shape the meaning of the crisis and the world that may come out of it. The intensity of social justice movements’ initiatives during the lockdown may show the outlines of a global wave of movements, embodied in countless decentralized reactions to a global event that affected has shaken billions of human lives. »

Geoffrey Pleyers (2020): The Pandemic is a battlefield. Social movements in the COVID-19 lockdown, Journal of Civil Society.

« James Baldwin se souvient de Martin Luther King (1971), par Boffard Jean-Claude :

James Baldwin s’est trouvé mêlé de près à certains grands moments de la carrière du Dr King. Journaliste, essayiste et ami, il a été le témoin intime de l’évolution d’un homme dont il a partagé le combat à maintes reprises. Nous nous souvenons encore, certes, de Martin Luther King, vedette rassurante des marches pacifiques des années 60, du lauréat du Prix Nobel de notre bonne conscience, du Christ recrucifié de Memphis… Mais par-delà ce folklore lénifiant, comment découvrir l’homme dans sa vérité profonde et fragile ? Récemment de passage à Paris, James Baldwin a bien voulu nous aider à essayer de faire le point en répondant à nos questions. Ce qui le frappe d’abord lorsqu’il se souvient des traits qui sont demeurés constants chez le Dr King, c’est cette compréhension de plus en plus profonde de la souffrance humaine […] »

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