Printemps des Stèles

Dernier jour d’avril
Les poètes comme villon
François du prénom
Pendus au bout d’un fil
Villon suspendus sous un pont

Dernier jour d’avril
Les fleurs en plastique
Poussent dans les paradis
Artificiels comme des champignons
Hallucinogènes
Les poètes au bout du fil
Sous un pont
Valsent dans le vide
Avec le vent chaud
D’un temps gris
Au-dessus des fleurs
En plastique
Flottent dans les airs
Étranges pétales
Pendus au bout d’un fil
Corde au cou
Les poètes flottent
Au-dessus des cimetières

 

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Dernier jour d’avril
Tant de débauches chez les morts
Tant d’obscénité chez les cadavres
Tant de vulgarité chez les civilisés
Tant de grossièreté chez les bien-éduqués
Et le dernier des poètes
Celui qui reste pour peindre
Le temps qui s’écroule
Le monde qui tombe
Pomme pourrie
Dans un jardin de fleurs en plastique
Le dernier des derniers
Peint la chute
Peint se suspend et se pend
Au bout d’un fil
Corde au cou
Au-dessus d’un jardin de fleurs en plastique

Dernier jour d’avril
De la pomme pourrie
Dans ce jardin artificiel
Le temps qui s’écroule
Le monde qui tombe
Éclosent des stèles funéraires
Le jardin des fleurs en plastique
Est un cimetière de fleurs tombales
Et il n’y a plus aucun poète
Vivant mort suspendu pendu
Avec un prénom ou sans nom
Sous un pont ou dans les airs
Pour peindre ce magnifique
Printemps des Stèles dans un cimetière
En ce dernier jour d’avril

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