Chanson pour Lux Freya

Elle est à toi, cette chanson
Toi, Lux Freya qui, sans façon,
As recollé les petits bouts d’espoir
Éparpillés et perdus dans la nuit noire
Quand, dans ma vie, l’hiver des grands soirs
Pour toutes les espérances inattendues
Presque égarées, au milieu de ces vides étendues
Dans cette nuit qui s’étire et aux étoiles couleur sang
À la lune absente ou déshabillée d’onirisme
Quand cet hiver-là long comme une éternité
Cette silencieuse marche sans aucune liberté
Aucun échappatoire aucune échappée belle et sans romantisme,
Servait de repoussoir
Toi qui m’as ressuscité,
Tiré de la poussière de ce mouroir
Du feu quand
Les ombres croquantes tels des croque-mitaines
Les silhouettes terrifiantes amenées par le vent
En nombre et violentes, animées par la haine,
Toutes les promesses bien intentionnées,
M’avaient lâché et tué
Dévoré et porté disparu
Dans la brume-fumée
Je n’étais plus

Ce n’était rien qu’un peu de joie,
Ce n’était rien qu’un feu de joie
Mais il m’avait réchauffé le cœur,
Et dans mon âme il nourrit encore mon bonheur
À la manière d’un ardent feu de bois

Toi, Lux Freya quand tu grandiras,
Quand un grand con, ou une grosse vache, t’emportera,
Qu’il et qu’elle te conduise, à travers l’arc-en-ciel,
Au pays merveilleux de l’amour non-superficiel

Elle est à toi, cette chanson,
Toi, la princesse qui, sans façon,
M’as enfanté au goût des choses
Quand dans ma vie il faisait moins rose,
Toi qui m’ouvris tes petits bras quand
Dans ces terribles moments ces douloureux instants
Les foultitudes de solitudes et autres turpitudes,
Toutes les amitiés bien intentionnées,
S’amusaient à me voir tomber

Ce n’était rien qu’une flamme dans tes yeux,
Mais elle m’avait dégelé le cœur,
Et dans mon âme elle nourrit encore mon bonheur
À la manière d’un grand soleil dans le bleu des cieux

Toi, la reine quand tu vieilliras,
Quand la crise adolescente te forgera,
Qu’elle te fera hurler contre tout
Envers tout et contre moi surtout,
Qu’elle te conduise, à travers ses labyrinthes,
Ces tumultueux chemins, infestés d’helminthes
À la sérénité qui ne s’apprend pas et qui se trouve parmi les fous

Elle est à toi cette chanson,
Toi, la déesse qui, sans façon,
D’un air joyeux m’as souri
Lorsque les colères m’ont abruti,
Toi qui n’as pas applaudi quand
Les salauds et les méchants
Les corbeaux et les zozos,
Tous ces beaux et magnifiques héros
Humanitaires à l’extérieur
Si fanés à l’intérieur
Toutes les affections bien intentionnées,
Me moquaient le dos tourné

Ce n’était rien qu’un peu de ciel,
Ce n’était rien qu’un feu du ciel
Mais il m’avait réchauffé le cœur,
Et dans mon âme il donne vie à mon bonheur
À la manière d’une passion vermeille
À la manière d’une lumière écartant la noirceur
Pour laisser découvrir la merveille

Toi mon enfant quand tu partiras,
Quand l’existence t’appellera,
Qu’elle te conduise, à travers mers et terres,
Forêts et déserts,
Vallées et monts,
Auprès des gens bons
Tous ces Auvergnats et ces Hôtesses qui comme dans la chanson
Sont l’Étranger qui ne te fermera pas
La porte au nez et t’offrira
Avec le sourire et sa petite chaleur
Quatre bouts de bois qui te chaufferont le cœur.

 

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