Monarque des coeurs

L’absence est à l’amour ce qu’est au feu le vent ; il éteint le petit, il allume le grand. – Roger de Bussy – Rabutin

Qu’importe où vas-tu
Des ailes qui te poussent
Vers l’horizon
Du vent
Que tu brasses doucement
Lépidoptère royal
Monarque des cœurs

Qu’importe les cieux où tu voles
Des cœurs tels des roses accueillantes
Pétales ouverts
Les baisers de l’aube
Que tu caresses encore
Et encore
De ton léger parfum

Qu’importe la traînée d’espoir
Que ton survol
Des contrées
Sauvages
Domptées
Soulève
Des inspirations qui fleurissent
Dans des déserts abandonnés

Qu’importe le temps que tu as accroché
Dans ton sillage
Des heures suspendues
Des temps égarés
Qui ont perdu le sens
Du mouvement
Et tout entendement
Qui ne savent plus
Ce qu’ils ont vécu

Qu’importe ton règne
Sur ma pitoyable existence
Souverain ailé
Je suis ton captif
Pour l’éternité
Et pour le reste
Et tous les autres
Qui viennent après

Qu’importe qui partage ton bonheur
Même si ce n’est pas moi
Même si je ne suis qu’un
Tu rempliras le vide
Cela me suffira

Qu’importe les lointains
Les ailleurs
Les ici
Où tu es où tu vas
Çà et là
Déploie tes ailes
Fais tomber sur ma misérable condition
Des poussières dorées
Comme les étoiles filantes
Qu’elles fertilisent le cimetière
Ce cœur aux brumes de désespoir
Et qu’y pousse des lumières
De toutes les couleurs du bonheur

Toi monarque des cœurs
Souffle le vent
Et que ne s’éteignent jamais
Ces feux incandescents
Qui ont ressuscité
Le mort

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