La Sodomie

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« La sodomie accomplit le plus exactement le rabaissement ; la femme est une putain, la preuve : elle se prête à la sodomie. La sodomie salit, elle humilie et dégrade, elle bestialise – ce qui n’a jamais empêché le plaisir que la femme peut parfois y prendre, l’homosexualité féminine, elle-même, n’ignore pas cette pratique. L’accent biblique, diabolique, du mot renforce la profanation, l’image d’une porte interdite dont on force l’entrée, la transformation du temple en une porcherie.

La puissance, la violence imaginaire de la sodomie, s’enracine dans l’infantile. Le coït anal est au plus près des premières théories sexuelles infantiles, c’est d’abord par le trou du derrière que rentre le pénis du père et naissent les enfants ; l’enfant a de l’anus et de sa fonction une expérience, une érotique précoces – l’orifice génital est d’une connaissance plus tardive et plus incertaine –, le spectacle des coïts animaux ajoute à la confusion. Lorsque l’analyse parvient à retrouver ou construire quelque chose de la scène primitive, celle du premier de tous les coïts, c’est le plus souvent a tergo (par-derrière, par le derrière ?), more ferarum (selon les mœurs des bêtes sauvages), que la mère est profanée.

La sodomie est le but sexuel préférentiel que poursuit Antonin, c’est d’autant plus vrai que la conquête promet d’être sans lendemain, la femme délaissée aussitôt que « baisée ». L’orifice élu s’accompagne d’une indifférence à l’éventuel plaisir pris par la partenaire, comme à sa possible douleur. Sans que cette dernière soit clairement recherchée, elle est néanmoins en accord avec le fond de sadisme qui gouverne le désir. Le choix d’Antonin est indissociable du fantasme sous-jacent, celui d’une érotisation de la haine, de la misogynie. Par la sodomie, il s’identifie à l’homme sur la scène, mais plus encore il se venge. Il se venge de la femme d’un jour, faute de pouvoir le faire de la femme de toujours, la première d’entre elles, la traîtresse.

Un fantasme n’est jamais seul. Le cours imprévu des associations entraîna Antonin à évoquer la peur d’enfant qui s’empare de lui dès qu’il se trouve seul, la nuit, dans une maison ; à l’image de ces « peurs de femmes » qui conduisent à fermer les volets et les portes plutôt deux fois qu’une, afin d’empêcher un éventuel voleur, violeur, de pénétrer. Derrière le sodomisant, le sodomisé. Parce que l’anus est la chose du monde la mieux partagée, le coït anal suspend la division des sexes, facilite l’identification du pénétrant au pénétré. La vengeance chez Antonin est à fleur de conscience, même si le lien avec l’objet incestueux est plus enfoui, en revanche sa féminité, son identification à la femme violée/sodomisée, de retournement en déplacement, reste bien dissimulée.»

– André, J. (2013). Sodomie. Dans : Jacques André éd., La sexualité masculine (pp. 86-87). Presses Universitaires de France.

 

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« À partir de paroles d’hommes recueillies sur le divan, mais aussi au fil des lectures, Jacques André explore sans détour la vie sexuelle des hommes, sa part la plus intime. Il en interroge les sources, les conflits, les transgressions, les passions, les désirs d’aujourd’hui, qui sont souvent aussi ceux d’hier. Sans fausse pudeur, il sonde ce sexuel qui constitue en chacun de nous la pointe vive de ce qui nous fait jouir… ou défaillir. »

 

« Les considérations qui tentent de justifier l’utilisation de l’expression « relation anale » ont tout naturellement introduit les réflexions d’ordre topique.

L’espace anal est donc INTERNE/externe. L’usage des majuscules et des minuscules reflète l’importance respective des deux parts. Il s’agit donc d’un espace frontalier traversé par une circulation à sens unique (de l’intérieur vers l’extérieur). Mais celle-ci peut s’inverser, soit du fait d’une pratique sexuelle (sodomie), soit par inversion imaginaire du plaisir procuré par la défécation. Quoi qu’il en soit, la selle consiste à externaliser le produit de l’espace interne en séparant le contenu du contenant.

Ce faisant, l’acte préalable à la symbolisation : la brisure de l’unité du couple contenant-contenu, s’effectue.

L’espace anal est postero-inférieur. De par sa contiguïté avec les génitoires, il est sexualisable régressivement par diffusion des excitations sexuelles d’avant en arrière et sexualisant progressivement par diffusion d’arrière en avant des excitations anales. Cette situation fait de l’anus une zone érogène commune aux deux sexes (l’analité, rappelle Freud, est ce qui réunit les deux sexes alors que la sexualité est ce qui les différencie). L’analité a cependant une signification opposée chez la fille et le garçon. Chez la première le vagin est loué à l’anus (Lou Andréas-Salomé) ; longtemps il peut en être mal distingué. Chez le second le pénis est l’héritier du « pénis anal » (expression contestée par certains) mais de toute façon symétriquement opposé à lui.

En outre, l’objet anal est cryptique : caché, agent érotique de la dissimulation, faisant l’objet de vérifications persécutoires sur sa rétention ou son évacuation (« Tu as fait ? »). La mythologie de la constipation « empoisonnante » donne à l’hypocondrie une « matière » à réflexion et un alibi à la maîtrise des fèces de l’autre.

C’est un objet au statut alternatif : fermé ou ouvert, soumis à spasmodicité, capricieux ou rebelle, plus ou moins sous contrôle ; l’orifice anal est contractile.

Son contenant muqueux est un organe creux dont l’excitation provoque du plaisir, suscitant le contact étroit avec le contenu.

Le plaisir qui découle de l’action mutuelle du contenant et du contenu peut être de remplissage, de replétion, de rétention, de transit, d’évacuation ou même du vide laissé par la vidange anale. L’objet anal est auto-érotique, de même que le plaisir provoqué par lui. »

– Green, A. (1996). L’analité primaire dans la relation anale. Dans : Bernard Brusset éd., La névrose obsessionnelle (pp. 61-86). Presses Universitaires de France.

 

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« Qu’est-ce que la sodomie et comment peut-elle exister entre deux femmes ? si può avere fra due donne?

C’est un théologien, Luigi Maria Sinistrari d’Ameno qui répond, dans son traité De sodomia tractatus. Il fût édité à Venise en 1700.

Cette œuvre théologique, écrite en latin, n’est en réalité qu’un extrait d’un ouvrage plus vaste édité pour la première fois à Venise : De delictis et poenis, réédité à Rome en 1754, comme cela figure sur la reproduction jointe.

L’ensemble du traité étant oublié de tous, cet extrait a connu un destin bizzare, comme celui d’un autre manuel catholique sur les péchés sexuels. Il devint un livre érotique, résultat des efforts de l’auteur pour dresser le catalogue des actes entre femmes lesbiennes.

Conscient d’une catégorisation inadaptée des déviations morales au Moyen Age, Sinistrari d’Ameno en imagine une nouvelle classification bizzare tout autant que ridicule, mais assurément novatrice pour l’époque. Inutile de dire que le volume finit pour cette raison à l’index des livres interdits dès 1704.

Par exemple, il entend par « sodomie » tant l’homosexualité masculine que le lesbianisme. Il veut étendre les peines infligées aux pécheurs.

Il tente dans son ouvrage de répondre aux questions : Qu’est-ce que la sodomie ? Comment s’accomplit-elle ? Quelles circonstances, quels gestes la caractérisent ? Quelle peine mérite celui qui n’a pas accompli l’acte de sodomei jusqu’au bout ? Comment traiter les actes qui se rapprochent de la sodomie ? Et la sodomie commise par les religieux ?»

– Source ici

Livre à télécharger gratuitement : Sinistrari De Sodomia.

 

 

« Ce guide vous donnera tous les conseils et idées pour rendre plus intense et agréable cette pratique intime. Sans douleur ni appréhension, grâce aux conseils décomplexés – tant au niveau de la préparation mentale et physique que de la pure pratique – de l’experte Coralie Trinh Thi, découvrez une nouvelle voie vers le plaisir !

Après un bref historique, vous découvrirez la sodomie sous ses angles psychologiques, avant de passer à l’action, des préliminaires – indispensables à une pratique détendue – à la pénétration, et aux différentes positions du  » Kama Sutra anal « .

Initialement paru en juin 2007, Osez la sodomie est l’une des 5 meilleures ventes de la collection « Osez », vendue à 50000 exemplaires. »

 

 

« La sodomie est bien plus qu’un simple jeu érotique. C’est, pour la plupart des auteurs spécialisés dans le genre, le point d’orgue, l’apogée de la relation amoureuse, le moment de la plus grande intimité entre deux partenaires. Les textes choisis ici décrivent les gestes et les plaisirs de la sodomie, que ce soit entre un homme et une femme ou entre deux hommes. » – Bernard Guerin

 

 

« Le livre Les Argonautes, de la poétesse et essayiste américaine Maggie Nelson, commence par une magnifique scène de sodomie. « Les mots “je t’aime” me viennent comme une incantation la première fois que tu m’encules, ma face écrasée contre le sol en ciment de ton appart humide et charmant. » Puis : « Tu as demandé : pour que tu prennes du plaisir, ça marche comment ? » Une excellente question qui concerne beaucoup de monde. Selon les derniers chiffres de l’Ifop (mai 2014), 51 % des hommes et 38 % des femmes déclaraient avoir déjà pratiqué le sexe anal.

Et pourtant, confie Virginie (tous les prénoms ont été modifiés, ndlr), « souvent, ça pourrait être mieux ». Dans le mot « mieux », la trentenaire embrasse beaucoup de choses ; plus de subtilité, plus d’attention et plus prosaïquement : moins de douleur.

Fondatrice du site Sexy soucis, « le gougle du cul », Diane Saint-Réquier répond aux questions des internautes sur la sexualité. Elle se met à écrire en majuscules quand on lui demande, par mail, si une sodomie fait toujours mal : « UNE SODOMIE BIEN FAITE, ÇA NE DOIT PAS FAIRE MAL. » Au contraire, tout le monde peut y prendre plaisir, ajoute-t-elle, cette fois-ci en minuscules. Hommes comme femmes. Car la voie arrière permet aussi bien de stimuler le clitoris que la prostate.

Se cache donc là un chemin vers des paradis méconnus. « J’ai beaucoup plus un plaisir de pénétration par le cul que par le vagin ! » s’exclame ainsi Virginie avant d’ajouter : « Ça me donne une suée de ouf, un frisson dans l’estomac : ça me fait vriller ! » À condition de bien s’y prendre. Voici les cinq règles d’or.

  1. Discuter, teaser, rassurer

Diane Saint-Réquier insiste sur la communication nécessaire autour de l’événement : « La sodomie, contrairement à ce qu’on peut penser, ça se passe essentiellement dans la tête, pour la personne qui est pénétrée ; plus elle se sentira excitée et en sécurité, plus ses sphincters – les muscles qui enserrent l’anus et le rectum et les maintiennent fermés – pourront s’ouvrir. »

  1. Ne pas avoir peur de la couleur chocolat

Daria, qui pratique la sodomie depuis plus de sept ans maintenant (elle en a 34), ose ces mots francs : « Faut pas avoir peur de voir de la merde, parce que ça arrive. » Problème : c’est bien cette peur qui crispe parfois. Diane Saint-Réquier suggère : « La personne qui va être pénétrée peut procéder à un lavement avant, mais ça n’est ni une obligation ni une nécessité ; ça peut juste aider à lâcher prise. » Elle précise qu’il vaut mieux éviter de le faire trop souvent et surtout « n’importe comment », et rappelle qu’il existe un petit guide génial (en anglais) pour expliquer le b.a.-ba du lavage rectal : How to Clean Your Ass Before Anal Sex.

  1. Lubrifier, lubrifier et encore lubrifier

La sodomie ne tolère aucune radinerie et certainement pas en ce qui concerne le lubrifiant. Pour faciliter l’entrée, on peut aussi lécher l’orifice (on appelle ça le rimming, la feuille de rose ou tout simplement… l’anulingus) ou cracher dessus, rappelle Diane Saint-Réquier. Le tout étant de rester « toujours attentif aux réactions de la personne qu’on pénètre, en n’hésitant pas à lui demander si ça va, si on ne lui fait pas mal, si ça lui plaît, si on doit aller plus ou moins loin, plus ou moins fort, plus ou moins vite… »

  1. Préparer son entrée et savoir attendre

Quand Daria fait le bilan de sa vie de sodomite pénétrée, elle dit : « Neuf fois sur dix, c’est bien ; et quand c’est pas génial, c’est parce que le gars est trop pressé, ne passe pas assez de temps à me dilater. Genre il met un doigt et bim, la teub. » Il lui est arrivé de tout arrêter. Elle insiste donc : « Il faut vraiment prendre le temps de passer par différentes étapes : un doigt, puis deux, puis trois… et quand la personne qui ­partage ce moment avec vous sent qu’elle est prête, c’est parti. Mais c’est à elle de décider, et pas au pénétrant sous prétexte qu’il est trop excité ! »

  1. Convenir d’un safe word

Choisir un mot-clé pour tout arrêter permet de parler sereinement de ses peurs avant la pénétration, mais aussi de tout stopper si quelque chose ne va pas. Cela peut même rendre un moment qui devenait désagréable… plutôt amusant. Vous y penserez quand, au lit, votre partenaire lâchera subitement un vibrant « ANANAS » !.» 

Jeanne Dupleix

 

 

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Guide pour du sexe sécuritaire (téléchargement gratuit) :  CATIE_SaferSexGuide_2016_French_WEB

 

 

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« Nouvelle édition de ce guide qui traite véritablement sans…tabous, sans retenue et sans faux-semblants du plaisir anal féminin. C’est probablement un des sujets les moins abordés et des plus secrets dans la littérature consacrée aux plaisirs sensuels. Tristan Taormino, newyorkaise, écrivaine et éditrice de revues et livres consacrés au sexe, nous informe agréablement mais sans détours et avec sérieux sur les techniques de pénétration, de jeux avec des gadgets, de protection efficace pour une sexualité anale épanouie, etc.
Ses chapitres, documentés et illustrés, s’appuient sur les travaux les plus récents dans le domaine du plaisir anal. Ils démythifient et démontrent que la sexualité anale est une source de sensualité souvent fantasmée par les femmes et leurs compagnons. Elles vont enfin pouvoir passer en douceur à la pratique avec ce guide qui s’adresse à toutes, hétéro, homo et bisexuelles. Les hommes auront également beaucoup d’intérêt à la lecture de cet ouvrage pour mieux comprendre leurs compagnes et goûter, eux aussi, au « plaisir des dieux ».

Extrait – Le Guide Tabou du plaisir anal (pour lui)

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