Discours sur l’Afrique

« Le colonisateur a ceci de particulier qu’il a toujours raison et que ce qui existait avant lui n’existe pas.« 

Tu sais Luc le plus terrible avec le révisionnisme  ethnocentriste, c’est qu’il se retrouve dans les livres d’histoire qui sont lus et enseignés en Afrique. Je suis de cette génération à qui on a appris que mon peuple faisait partie de ces peuples arriérés, entre le primate et l’homme moderne. Que mon histoire commençait avec le colon « civilisateur », qu’avant il n’y avait rien, que l’on était rien.  Des Africains enseignaient à d’autres africains ce que le « blanc » avait décidé pour vérité. Des blancs enseignaient à des Africains que leur ancêtre était commun, Gaulois.

Sartre disait que le vrai point de vue sur les choses est celui de l’opprimé, le problème est là, l’opprimé n’a pas droit à la parole, ou sa parole ne vaut pas grand chose car pas intelligible, trop dans la sensiblerie. N’est-ce pas un poète-président africain, Senghor pour ne pas le nommer, qui a affirmé que « l’émotion est nègre, comme la raison est hellène »? Si un illustre poète africain célébré et encensé par l’occident, membre la prestigieuse Académie française, l’a dit, c’est forcement vrai, n’est-ce pas?

Aujourd’hui, cela demeure encore, c’est cela un aspect du néocolonialisme. Les politiques corrompus illégitimes et assujettis à l’ancienne colonie ont dès le premier jour des indépendances agi pour que cette infériorisation historique, ce nihilisme historique, cette mémoire du rien, soit le récit officiel. Aujourd’hui, on entend de brillants occidentaux blancs, des intellectuels du grand délire, nous dire que « l’Afrique n’a pas d’histoire« , ou comme Sarkozy l’a affirmé lors de son discours de Dakar à l’Université Chekh Anta Diop (faut quand même le faire) : « l’Afrique n’est pas assez entrée dans l’histoire ».

 

Il nous a fallu lire des livres d’intellectuels africains – déjà là, parler d’intellectuels africains était une absurdité pour les « blancs », on m’a appris à l’école primaire et secondaire qu’il n’y a jamais eu d’intellectualisme africain, mais une manifestation embryonnaire de quelque chose qui s’y apparente vaguement – de façon quasi clandestine à l’époque pour comprendre que non l’école nous racontait des « histoires ». Que l’on n’était pas rien, que l’on ne sortait pas de rien, sans rien. D’où ce mouvement débuté avec la Négritude, poursuivi avec l’Afrocentrisme ou Afrocentricité noir américain  – auquel je n’adhère pas même si je comprends l’idée de redonner une dignité à des peuples si méprisés – etc.

De nos jours, je vois que les jeunes africains, ceux après moi, sont de plus en plus conscients grâce aux travaux d’intellectuels africains, aux technologies de l’information (ouverture et connectivité à la pluralité, contournement de la censure officielle) que tout ça – l’Egypte ancienne et ses pharaons toujours représentés par une couleur laiteuse, le Sphinx de Gizeh blanc, Cléopâtre blanche, Ramsès blanc, bref tout ce qui est supposément « positif », glorieux, et majeur venant d’Afrique étant foncièrement blanc ou d’inspiration blanche (ou au pire ancré dans le Proche-Orient qui devient ainsi le « foyer de sagesse et de lumière », mais absolument pas africain, surtout pas noir africain, subsaharien) – c’est de la foutaise.

 

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Ils sont de plus en plus éduqués, ils s’éduquent, sur la place réelle de l’Afrique dans l’histoire mondiale. Ils savent désormais que Euclide et Pythagore n’ont pas eu un éclair de génie juste en étant assis sous un arbre à Athènes, ils ont été à l’école égyptienne.

Que l’art – particulièrement moderne – via les « Arts nègres » ramenés en occident dès le XVe siècle – de Picasso à Matisse en passant par Kirchner est d’inspiration africaine.

Que les plus vieux objets mathématiques (l’os de Lesombo et l’os d’Ishango – ce dernier possiblement la plus vieille table de nombre premiers – remontant à plus de 35 000 ans) sont africains (Ouganda, l’ancien Zaïre, le Swaziland).

Que le Jazz très prisé par ces milieux blancs huppés, bobo-chics, est africain (cf. le prix Pulitzer Gunther Schuller et son livre Early Jazz).

Que la littérature a aussi beaucoup de l’Afrique. Le fameux père de la littérature russe, Alexandre Pouchkine, descendait directement d’Abraham Hannibal l’esclave noir africain de Pierre le Grand. Alexandre Dumas – Les Trois Mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo était le descendant de Marie-Cessette esclave noire d’origine africaine, son fils pareil.

Que la victoire des Alliés lors de la seconde guerre mondiale est aussi africaine (les tirailleurs sénégalais qui servaient de chair à canon, sacrifiés, et gommés de l’histoire officielle qui se choisissaient ses héros, blancs bien entendu.

Que l’esclavage a contribué à la puissance et la splendeur économique des Etats-négriers, que la colonisation a enrichi massivement les nations occidentales impérialistes, que le néocolonialisme enrichit encore de nos jours les caisses publiques, des partis politiques et des entreprises privées de tous ces pays qui regardent de haut ces « sauvages d’Africains ».

Et qu’aujourd’hui en occident lorsque l’on consomme du café, pianote sur son téléphone intelligent, entre autres choses, on consomme l’Afrique, ses traditions et ses richesses sans qu’elle ne soit créditée de cet apport.

L’Afrique, cette « dominée exemplaire ». Depuis la chute des grands empires du moyen-âge africain, jamais un continent n’a subi autant la férocité des hommes, jamais un peuple n’a connu autant de massacres pour la soumettre et briser toute forme de tentative d’émancipation. Et ce durant des siècles.

 

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Ce qui s’est passé en Afrique est un holocauste innommable, nous aurions été des Juifs nous serions traités avec plus de dignité. Plus d’égard. Nous bénéficierons de la prise de conscience que l’on a quand on se rend compte du mal que l’on a fait à autrui parce qu’il était différent, parce qu’il avait du  potentiel et une force qui nous insupportaient autant qu’ils nous ont surpris.

Les Africains n’ont pas la couleur qu’il faut pour être considérés comme des victimes séculaires d’un système immuable et parfaitement bien structuré de chosification, de sous-humanisation, d’animalisation ou de sous-animalisation, de l’humain. Non, les Africains ne sont rien.

Les Africains ne sont rien. Dans la hiérarchie occidentale des peuples, ils sont au plus bas, presque endogés. On leur nie tout ce qui serait « formidable », on les trouve pauvres, on les pense pas intelligents, beaucoup bêtes, on affirme qu’ils n’ont aucune esthétique.

Te souviens-tu de cette anecdote dont tu nous fis part? Lors d’un de tes mandats en Afrique? Celle de ce français blanc, dirigeant une institution africaine, qui trouvait que ta présentation était trop esthétique pour que les Africains y soient sensibles, comprennent sa subtilité, sa beauté artistique. Son intelligence. Oui, te souviens-tu de ma réponse?

Ces blancs là pullulent, ils viennent avec leur mentalité de colon, leur air supérieur, dire aux Africains à quel point ils sont stupides, rien. Le comble c’est qu’ils sont invités et payés par les Africains, payés de nos sous par ces dirigeants à la peau noire et au masque blanc pour paraphraser Frantz Fanon, datés, périmés, comme le dirait Aimé Césaire ayant fait du larbinisme et l’agenouillement un mode de pensée, une politique de gouvernance.

Comment peut-on respecter ce qui ne se respecte pas? Comment considérer ce qui est en tout temps acquis? Comment prêter un intérêt à ce qui dépend de notre bon vouloir? Voilà pourquoi ce Français blanc pouvait se permettre de dire n’importe quoi. Les Africains qu’il connaît sont toujours ceux du Code de l’indigénat, rien de plus.  Tout en moins.

 

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On me déclare souvent que l’Afrique n’était pas un paradis terrestre avant l’arrivée du blanc, on y trouvait des guerres fratricides (en sont-elles autrement?), des sociétés inégalitaires, et que la fameuse solidarité africaine n’est qu’un mythe. Oui, c’est vrai l’Afrique n’était pas l’Eden, comme partout ailleurs. La civilisation greco-romaine était en ce sens aussi barbare, mais a-t-elle était conquise et soumise de façon permanente au point qu’elle cessa d’exister? Non. A-t-elle été redéfinie au point d’être un sujet désintégré, arraché à son environnement pour une assimilation forcée à une culture qui lui était en tout point étrangère? Non.

L’Afrique n’était pas un havre de paix, mais contrairement à la civilisation occidentale on lui a retiré son destin, la possibilité de suivre son propre cheminement, de résorber et de solutionner ses insuffisances, et d’évoluer comme elle se voyait et se projetait.

 

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On dit aussi que l’Afrique a été complice de la traite négrière, de l’esclavage, de la colonisation, comme pour relativiser le crime occidental. Oui, l’Afrique a connu ses collabos, des Africains qui vendaient d’autres Africains aux blancs, comme les collabos français envoyaient des juifs français à la mort, comme des collabos Canadiens français ont trahi leur frère et applaudirent la pendaison de Louis Riel et des autres. Cela diminue-t–il la forte part de responsabilité de ce pays envers ces victimes? Non.

Peut-on réduire la lutte identitaire, le combat pour la liberté des Canadiens français à la trahison de quelques uns? Non. Pourquoi en serait-il différemment de l’Afrique? Parce que c’est l’Afrique, on peut tout se permettre de dire, on ne risque rien, car elle ne vaut rien.

 

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On affirme aussi que le continent connaissait l’esclavage bien avant l’arrivée du blanc, comme pour laisser entendre que les cultures africaines étaient esclavagistes et démontrer que la traite négrière découle d’une situation « naturelle » à l’Afrique. Oui il y avait des pratiques esclavagistes en Afrique (le commerce des esclaves étant majoritairement arabe), comme il y en avait dans la civilisation greco-romaine (ces populations vaincues réduites à la servitude, non-libres, juridiquement assimilés à des choses).

Etait-ce que ces pratiques esclavagistes sur le Continent étaient généralisées? Non. Ce sont les blancs qui ont instauré le système et la généralisation. Pourrait-on imaginer un instant que la civilisation greco-romaine fusse esclavagée et que ces descendants se verraient dire qu’au fond c’était normal ou pas si grave du fait de la présence de de l’esclavage dans la Rome antique? J’imagine que cela provoquerait une violente protestation, un grand rejet. Si cela vaut pour elle, pourquoi pas pour l’Afrique? Parce que c’est l’Afrique..

 

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Et il arrive d’entendre des anciens colons trouver des « bienfaits positifs » à la colonisation, en présentant cet assujettissement inhumain comme une mission civilisatrice, parce qu’ils y ont introduit Dieu et la bible, fait construire des routes, un système éducatif, apporté la modernité, etc.

C’est toujours l’oppresseur qui parle. Et qui fait semblant d’ignorer que certes l’Afrique n’avait pas des aspects civilisationnels occidentalisés, mais n’était ni ignorante ni « pas moderne ». Encore moins sans croyances.

Doit-on rappeler à cet oppresseur que la Charte du Manden écrite vers 1222 est avec la Magna Carta la plus vieille déclaration des droits fondamentaux? Doit-on lui répondre que les « routes » qui bousillent et soumettent l’environnement n’étaient pas une conception du progrès compatible avec les  valeurs traditionnelles africaines de sacralisation de la nature? Que les routes africaines ne pouvaient dès lors ressembler à celles de l’occident?

Que la modernité occidentale ne peut être ni une valeur universelle (transposable telle quelle dans une culture qui a ses propres définitions) ni morale (règle de conduite exogène imposée à un corps social qui a son propre rapport à autrui, à la personne)?

Que la modernité africaine était celle d’un « refus de la tyrannie du temps, un pouvoir et une autorité indivisibles, un rapport différent de l’individu à la collectivité, l’acceptation et la canalisation des passions, une résistance à l’accumulation des richesses, et un insertion pacifique dans l’environnement« ?

Qu’en matière d’éducation l’Afrique c’était aussi l’université Sankoré de Tombouctou, créée par une femme vers l’an 989, où « le niveau des érudits tombouctiens au moyen-âge » n’avait rien à envier aux autres?

Que la connaissance africaine essentiellement orale fût aussi écrite (la civilisation de Méroé développa un système d’écriture propre – cf. le livre de Michael Gomez Reversing Sail : A History of the African Diaspora)?

Que les Africains furent alphabétisés bien avant le débarquement des Européens (les populations d’Egypte et de Nubie)?

Que entre l’an 711 et 1492 Al-Andalus, Etat médiéval musulman fondé par les Maures ce peuple berbère d’Afrique du nord, contribua à la « période intense de production intellectuelle et culturelle » du continent européen?

Que cette production servira de base à la Renaissance européenne?

Que les formes de connaissance orale sont une part significative de l’éducation participative et collective africaine au sens qu’elle constituait un « processus de passage entre les membres de la tribu et d’une génération à l’autre de la connaissance, des compétences, des traditions culturelles, des normes et des valeurs de la tribu héritées » comme c’était le cas en Tanzanie?

Que la conception même de l’éducation était celle d’un « processus continu » d’apprentissage des différentes étapes de la vie de la personne et non pas un moyen d’accéder au « succès monétaire »? L’éducation collectiviste et initiatique opposée à celle de l’individualisme, du fonctionnel, du matérialisme?

Doit-on dire à l’oppresseur que s’il a construit des écoles et des routes faites à son image c’était uniquement  pour ses besoins propres (de commercialisation, d’exploitation, de gestion, de domination)? Non. Il le sait très bien.

Il sait que les Africains n’étaient pas des fainéants, primitifs, arriérés, il a découvert les artisans du cuivre et du bronze du pays Ibo, la prospérité de l’empire du Mali sous Kankan Moussa, cet empereur qui dépassait de loin en éclat, en or, le Roi-Soleil, qui comparativement passerait pour défroqué.

Il sait tout ça. Comment en serait-il autrement, puisqu’il a mis toute son énergie à l’anéantir et à l’effacer de la mémoire du monde.

 

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L’Afrique avant le blanc n’était pas une espèce de néant, ça ce n’est pas toujours enseigné, appris. Cela arrange l’occident, car cela contribue à la pérennisation de l’ethnocentrisme. Si on t’enseigne que les autres sont des primitifs, ou presque, tu perpétues la tradition. 

Toi qui reçois ça, sans avoir la curiosité de t’interroger sur la validité de telles affirmations, tu en fais ta vérité. Tu regardes l’autre et tu le vois à travers un mensonge. Toi qui reçois ça et qui invalide de telles affirmations de façon soit empirique soit par la connaissance, tu continues à avoir des reflexes qui tendent à te placer dans une position supérieure. Celle qui infantilise, qui relativise. De poser ce geste qui peut être  sans le vouloir paternaliste.

C’est la plupart du temps le cas d’une partie de la bourgeoisie occidentale, celle du bien-pensant qui regarde l’Africain comme un enfant qui a besoin d’être materné, comme un handicapé qui doit être aidé. L’humanisme compatissant, à outrance. L’humanisme qui soutient en renforçant la dépendance au lieu de permettre l’autonomie réelle.  L’humanisme qui te dit nous nous ressemblons et qui l’instant d’après te sort tous les clichés ethniques possibles.

L’humanisme qui te demande d’abord d’où tu viens sans être vraiment intéressé par ce que tu es en tant que personne. L’humanisme qui célèbre la diversité ethnique multiculturaliste en créant des zones de non-mixité, parce que la diversité c’est beau, surtout loin ou de loin, à distance, dans des mondes à part. L’humanisme qui invente l’apartheid culturel et ethnique tout en tenant un discours du pluriel égalitaire.

Oui, l’humanisme infantilisant, paternaliste. Celui qui te prend pour une pauvre victime, alors que tu ne demandes rien d’autre que la considération de l’humain à part entière que tu es. Libre, égal, fraternel. Cet humanisme-là est détestable. Il m’est insupportable.

 

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Luc mon frère, en 2017, il faut regarder la situation du continent dans son réel, tout est encore aux mains des blancs, le pouvoir et l’espoir. 

Il faut ne pas avoir connu l’Afrique ou les Afriques pour prétendre que la jeunesse ne se prend pas en main. Je ne parle pas de toi, Luc, tu la connais, mais des autres. Imagine un instant que le Québec soit l’Afrique.

Que feraient ces jeunes Québécois s’ils vivraient dans une province sous le joug de puissances étrangères?

Que feraient-ils s’ils étaient tués par les forces de l’ordre en manifestant comme lors du printemps érable contre des politiques injustes? Emprisonnés et torturés par les services de renseignement? Accusés de terrorisme, de tentative de coup d’Etat, pour avoir dénoncé le régime liberticide?

Que feraient-ils s’ils étaient diplômés universitaires dans une large majorité et que le trois quart serait au chômage sans aucune aide étatique, aucune subvention pour se partir des business, aucune chance d’être admissible à un prêt bancaire parce qu’avoir une « relation bien placée » fait défaut?  

Que feraient-ils s’ils ne pourraient pas envisager l’avenir seulement en rejoignant le parti au pouvoir, souvent qui existe bien avant leur naissance et qui va encore durer longtemps grâce au soutien des chancelleries occidentales?

Que feraient-ils s’ils verraient que l’alternative à la misère c’est la pauvreté, encore et toujours, alors que leur terre est riche, leur sous-sol très riche, exploités par des entreprises étrangères qui se paient les responsables politiques peu, mal et non véritablement élus?

Que feraient-ils ces jeunes Québécois?

 

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Malgré tout, ces jeunes Africains se battent, créent, et avancent aussi loin qu’ils le peuvent. Avec les moyens du bord. C’est-à-dire presque pas grand chose. Ils sont résilients. Et quand je leur parle je suis très étonné par leur optimiste. C’est très africain, l’optimisme.

Je suis surpris par leur connaissance de l’histoire africaine. Leur absence de complexe d’infériorité. Et leur envie de porter le continent et de le faire briller. Cela est encourageant.

Je ne sais pas ce que cela engendra. Je doute quelques fois que cela suffise. Je constate que de nos jours chez les Africains, les jeunes Africains sont de plus en plus convaincus, vaincus,  par  l’occidentalisation assimilationniste des mœurs et des valeurs. L’argent, le matériel, la luxure, l’individu, l’adoption des critères de richesse et de bonheur occidentaux. Le « Je » devient de plus en plus omniprésent. Dans leur conversation, dans leur discours, dans l’agir. Le « successful » à l’occidental est progressivement une fin en soi. C’est contre-nature, ce n’est pas africain.

Et cette acculturation gagne du terrain partout.  La mondialisation fortifie la donne. Pernicieuse à souhait. Abderrahmane Sissako le montre bien dans son film Bamako 

 

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L’avenir de l’Afrique est en pointillé. Les jeunes Africains doivent l’écrire. Depuis les indépendances dans les années 1960, ils ont vu les meilleurs être implacablement trucidés par le système aux ordres et sous protectorat occidental. Ou aspirés en son sein.  Ils ont eu des espoirs avortés. Des Grands Soirs sans lendemain. Des printemps révolutionnaires volés. Ils ont vu la médiocrité être célébrée à la tête des Etats. Ils ont connu l’effort stigmatisé, puni. L’ordre nouveau tué, dans l’œuf. Cela paraît sans espoir.

Mais, Luc, comme ma grand-mère le dirait : Qu’importe la durée de la nuit, le soleil finit toujours par se lever

Je suis Africain, je suis optimiste.

 

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