La plume

J’arrache une plume à l’oie
Que je plonge ensuite dans son anus
Encrier de chair
Encrier de merde
Et sur le papyrus de nos contes aux folies ordinaires
Je calligraphie nos ombres névrosées

L’oie a mal au cul
Se tâte l’anus
Ça lui fait un mal de chien
L’oie m’en veut à mourir
Hurle de souffrance animale
Je suis un chien
Le salaud
Et sa souffrance me fait jouir

Sur le papyrus de nos partouzes aux maladies vénériennes ordinaires
Je balance des jets d’encre noire sur la toile
Pollock liquéfié s’étale et recouvre la toile partouzarde
De nos maladies vénériennes ordinaires
L’oie examine l’affaire
Le doigt toujours caressant son cul pleureur
Et comprend
L’oie ne m’en veut plus
Le sacrifice en valait l’atroce peine
L’oie le doigt toujours collé au cul
Me regarde
Fait oui de la tête
Se retourne
Et m’offre son anus
La plume y replonge

Sur le papyrus de nos expressionnismes abstraits
Il y a comme une marche funèbre chopinéenne
Sonate pour piano numéro deux
Troisième mouvement op. trente-cinq
Presque un crépuscule des dieux avec un hymne nazi wagnérien
Le beau n’aura jamais sans doute été aussi vénérien
Heil H ! comme hiroshima
Le champignon nucléaire sublime l’horizon crépusculaire
Il y a comme dans les airs une marche haendeléenne du mort
Rothko liquéfié s’étale et recouvre la toile abstraite
De nos expressionnismes ordinaires
L’oie observe le truc
Le doigt toujours caressant le cul revenant de sa souffrance
Et hoche la tête
L’oie saisit
Le sacrifice est désormais une jouissance
L’oie le doigt toujours collé au cul
Voit la toile
Fait oui
Se retourne
Et m’offre son anus
La plume y replonge

Sur le papyrus de nos chefs d’œuvres du macabre
Miro et Mondrian liquéfiés s’étalent et ajoutent des couleurs au morbide
Regards enchanteurs sur notre connerie ordinaire
Je balance leurs couleurs par des jets vifs et des formes torturées
Sur la toile à la puanteur anale de nos gueules abstraites expressionnistes
Et sur la palette de couleurs je me branle
La bordée blanchâtre rehausse quelque chose dans les autres couleurs
Basquiat enfoiré parmi les enfoirés me demande si c’est tout ce que j’ai dans les tripes
Je regarde l’enfoiré
Et je plonge la plume
Dans son anus

Encrier de chair
Encrier de merde
Et sur le papyrus de nos contes aux folies ordinaires
J’éjacule nos ombres névrosées

de Kooning et Kandinsky s’étalent et recouvrent la toile de nos orgies
Qui puent le cadavre
La marche funèbre a le rythme torturé des visions épileptiques de Pollock
Un champignon par-ci une apocalypse par-là

L’oie a cessé de se tâter le cul
Je lui ai rendu sa plume
Elle fait oui
Elle a compris

La toile finit dans les flammes
Des cendres
Des poussières
Les plus géniaux des derniers Hommes
Heil H !
En feront des millions des milliers de millions capital reproduit à l’infini

Sublime horizon crépusculaire

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